Abercrombie & Fitch : enquête exclusive (mais sans Bernard)

Abercrombie&Fitch est une marque de vêtements plus connue pour son sens du marketing que pour ses collections.

En effet, dans le monde entier, ses mannequins (uniquement masculins) parcourent les magasins de la marque torse nu.

[Et chez AnF, quand on dit « taille basse », on tient ses promesses]

Le premier magasin français ayant ouvert le 19 mai dernier, je me suis portée volontaire, au nom de l’hormone, pour y effectuer un reportage à hauts risques.

Un samedi après-midi, sur les Champs-Elysées, tu penses déjà à t’enfuir par la première bouche de métro que tu croiseras, mais ça, c’est sans la demi douzaine de bellâtres aux abdos d’acier devant le n°23 de l’avenue.

Nous avions beau être une semaine après l’ouverture, une file gigantesque de jeunes filles hurlantes, parquées telles des syndicalistes un 1er mai, suaient en chœur dans l’espoir de serrer dans leurs bras le fleuron mondial du « beau mec ».

Puisqu’il est de notoriété publique que je suis une princesse, jamais je ne me serais mêlée à la foule, de toute façon, j’arrive toujours à mes fins, même par des moyens détournés (et ça, vous aurez l’occasion de le réaliser en revenant ici régulièrement).

Je commence mon travail de Journaliste hormonale (titre dispensé par l’université Cillian Murphy de Travis-Fimmel-les-Bois) par une phase d’observation. Apparemment, sur les Champs, on aurait pas le droit de se balader torse nu, tenue correcte exigée et blah et blah. Nos quatre éphèbes sont donc recouverts de la fameuse chemise à carreaux, – un classique un peu trop classique à mon goût, les garçons il n’y a pas QUE la chemise à carreaux dans la vie, il y a aussi la chemise unie, ou pas de chemise du tout, ou encore un polo vert gazon mais alors seulement si vous êtes roux et cela fera l’objet d’un article prochain).

 [AnF c’est aussi la classe à l’état pur]

Ils sont donc tous habillés exactement de la même façon,  ce qui change c’est le modèle du modèle : noir, blond, métis, brun, châtain. Comme si les enfants Jolie-Pitt avaient tous grandi d’un coup.

On sent l’influence United Colors of Benetton, mais en version purement sexuelle. Et les femmes (et filles) venues pour l’occasion ne s’y trompent pas et font état d’une expertise de l’hormone sans pareille pour tenter d’établir un classement, sans pour autant y parvenir.

[Des filles en pleine tentative de classement]

La deuxième phase de mon enquête (j’ai aussi fait l’école de recherche scientifique James McAvoy de Taylor-Kitsch-sur-orge) consistait à observer le comportement d’un cobaye que nous nommerons « Blonde » pour garder son anonymat, en situation de saturation hormonale. Je ne pouvais me permettre de compromettre mon objectivité professionnelle en m’exposant moi-même aux rayons ardents des jeunes hommes.

Aussitôt, la Blonde lâchée, elle émet une suite de borborygmes incompréhensibles pour toute espèce terrestre. A plusieurs moments je crois la perdre, mais non, son œil droit essaye de communiquer et comme je ne semble pas comprendre, elle m’attire à sa suite en criant le mot « photoooo photoooooo » suivi d’un « s’il te plait Johnsooooon », avant que j’ai le temps de dégainer l’appareil, Blonde a déjà écrasé 36 de ses concurrentes, menace des dents quiconque tenterait de piquer sa place au milieu des 4 exemplaires de démonstration et tente en même temps un tripotage de bas du dos discret sur deux des gentlemen.

La photo prise, Blonde quitte à regret le groupe, s’écarte pour mieux respirer (car elle est essoufflée, moite et son vocabulaire se résume à : « touuucheeey je les ai toucheeeey ») et, comportement révélateur au possible, s’allume une cigarette, comme si elle venait de pécho les 4 à la suite.

Si cette petite expérience était conforme à mes attentes, j’ai poussé le vice un peu plus loin, aidée du hasard qui me fait toujours croiser les gens pour qui j’étais venue (je pourrais créer une loi mathématique le prouvant tellement c’est précis), au sortir d’une séance de cinéma (Thor, on en reparlera prochainement, car exemple du film hormonal de base avec opposition brun/blond), nous repassons devant le magasin qui avait fini de m’intéresser.

Je n’y pensais d’ailleurs presque plus, la rue s’était vidée, les grilles refermées, les garçons rangés (sûrement dans du papier bulle), quand tout à coup, A&F a sorti l’arme suprême pour les filles qui ont su résister aux étapes précédentes. Le PARFUM. Présent normalement dans tout le magasin, sur le torse des vendeurs et sur le sac contenant tes achats, ils en avaient pulvérisé partout sur les champs à 25 mètres à la ronde du n°23. Le genre de truc entêtant dont tu ne peux pas te débarrasser, c’est accroché à tes poils de nez comme un bébé orang-outan au poitrail de sa maman, et tu sais que même en rentrant chez toi tu te retourneras pour checker si un Abercrombie boy te suivrait pas un peu partout.

Bon. A vrai dire, j’ai pas eu à rentrer chez moi pour ça mais à prendre le métro, alors que j’allais dire « putain sa mère ils ont foutu du parfum même dans le métro » avec ma délicatesse verbale habituelle, je réalise avec stupeur qu’un Abercrombie boy s’est échappé, qu’il se trouve pile devant nous et qu’il a commis une erreur fatale : garder aux pieds les sacro-saintes tongs, marque de fabrique de l’enseigne.  Au moment où je le réalise, la moitié du quai en fait de même et commence à se transformer en wooo girls affamées. Le pauvre garçon a le regard perdu, il a fini sa journée, il devrait pouvoir redevenir un boy next door, habillé normalement, et passer pour « juste » un joli garçon de plus. Mais, à ce moment là, il comprend certainement qu’il vient de vendre son âme et que sa vie ne lui appartiendra plus le temps de son contrat.

*Ceci n’est pas un blog sponso, du tout du tout du tout. On a rien touché. Sauf les mannequins. Un peu. Mais bon. Vous comprenez aussi :

À propos de Heights Johnson

Hedonist, narcissist, hormone fascist since 1988. Editrice vampirophile technopaïenne aimant le chiffre 8, les cheveux blonds et les gentlemen only. Aussi. http://www.heightsjohnson.blogspot.com Voir tous les articles par Heights Johnson

4 responses to “Abercrombie & Fitch : enquête exclusive (mais sans Bernard)

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